S’il y a une chose qui m’a frappée en arrivant en Irlande, c’est la quantité de monuments religieux au mètre carré. En effet, l’ancrage de la religion dans le quotidien des irlandais n’est apparemment pas un mythe : quand on regarde vers le ciel, l’horizon est parsemé de clochers tous plus variés les uns que les autres. Des chapelles, des églises, mais aussi des temples et des cathédrales s’élèvent ainsi en points de repères dans la ville. Pour moi qui aime découvrir des lieux à pied, et n’ai pas un très bon sens de l’orientation, je dois avouer que c’est assez pratique !

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La cathédrale Saint Finbarr compte 3 flèches

Un lieu sacré… payant

Vu la beauté du lieu, je me faisais une joie d’y entrer pour en admirer l’intérieur sans doute différent des cathédrales françaises (celle de Cobh est particulièrement représentative de l’héritage celtique de cette région, vous le verrez dans un prochain article). J’imaginais déjà les vitraux somptueux baignés de la lumière de ce début d’après-midi ensoleillé ! Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai trouvé une billetterie à l’entrée… Pour entrer dans ce lieu de culte, il faut donc débourser 6€ pour un adulte, et 5€ pour un senior ou un étudiant. La raison invoquée ? « Le maintien, l’entretien, et la rénovation du bâtiment ». Je vous le dis franchement, cela me scandalise.

Pour moi, un lieu sacré doit être ouvert à tous, et accessible de façon libre. Dans le cas contraire, ce sont les principes mêmes de refuge, de charité, et d’hospitalité qui sont bafoués.

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Pour cette raison, je ne pourrai pas vous raconter ce que j’ai découvert à l’intérieur de la cathédrale. Il est de toute façon assez rare que je photographie l’intérieure de lieux de culte, car je trouve cela déplacé et inopportun. De même, les cimetières sont pour moi des endroits de recueillement et de respect, et je trouve ça étrange d’y organiser des séances photos (j’en ai vues beaucoup sur internet, peut-être à cause de Halloween qui n’est pas très loin) ou de s’y promener pour le plaisir.

La fondation par l’évêque Fin Barr

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Le site de construction de la cathédrale est un lieu sacré depuis le VIIe siècle, et a vu ses bâtiments changer, être détruits puis reconstruits au fil du temps. Ainsi, c’était à l’origine un monastère fondé par Fin Barr. J’ai pu lire quelques lignes de sa biographie, il aurait étudié dans le comté de Kilkenny et aurait été nommé Fionnbharr, ou « blond » en gaélique. Menant ensuite une vie d’ermite, il se serait installé avec ses disciples à l’endroit où est aujourd’hui située la cathédrale. Ce fut le premier établissement de la ville de Cork et un grand centre d’étude et de formation monastique.

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Un édifice de style néo-gothique

La cathédrale actuelle date de la fin du XIXe siècle, et a été consacrée en 1870. Les plans de l’architecte William Burges ont été mis en valeur par l’usage de pierres de la région : pour l’extérieur du calcaire de Cork, et à l’intérieur du marbre rouge de Little Island, et de la pierre mauve de Fermoy.

Les flèches sont surmontées de croix celtiques, symbole fort de l’identité irlandaise, plus important même que l’appartenance à l’église romane ou anglicane. En effet, il s’agit ici d’une cathédrale anglicane.

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Des ornements intéressants

La façade principale est ornée de sculptures et de dorures. Les personnages sont des représentations de saints (Philippe, Bartholomé, Simon et Jean entre autres), ainsi que des Cinq Vierges sages et des Cinq Vierges folles. Cela m’a permis de me renseigner sur cette parabole des Dix Vierges, que je ne connaissais pas du tout. Je vous recopie ici l’extrait que j’ai trouvé :

« Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq sages. Les folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d’huile avec elles ; mais les sages prirent, avec leurs lampes, de l’huile dans des vases. Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. Au milieu de la nuit, on cria : Voici l’époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs lampes. Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les sages répondirent : Non ; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l’heure »

— Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 1 à 13, traduction de Louis Segond1.

Cette parabole est en fait représentée dans de nombreux édifices religieux, et également dans les arts. Quant à son interprétation… je vous laisse en tirer ce que vous voulez, je ne suis ni théologue ni moniale donc je ne me verrais pas vous éclairer là-dessus (et puis ce n’est pas le but de cet espace !).

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Cork est une ville singulière, et la cathédrale Saint Fin Barr en est un des symboles. J’ai hâte de vous montrer la cathédrale Saint Colman de Cobh, qui est certainement l’une de mes préférées, non seulement de France mais de tous mes voyages jusqu’à présent.

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à très vite pour de nouvelles escapades culturelles…