Quand on parle de tatouage, les réactions sont très variées, mais toujours fermes et convaincues. Certains pensent que c’est une abomination, une mutilation volontaire qu’on s’inflige par masochisme. D’autres trouvent ça « trop stylé » ou « tellement beau », parce que « le body art c’est vraiment la classe ». Pour ma part, je ne suis pas tatouée. Pas encore. Mais j’aime discuter de ce sujet avec des gens constructifs, qui ont des arguments pour appuyer leur pensée. C’est pour ça que je vais vous expliquer ce qui m’attire dans le tatouage, et ce qui fait que je n’ai pas sauté le pas.

La première fois où l’idée d’un tatouage a fait plus que m’effleurer l’esprit, ce petit changement d’avis entre « c’est beau parfois sur certaines personnes » et « tiens, ça me tente vraiment », s’est opéré il y a maintenant plusieurs années. J’étais bien entendu trop jeune pour le faire, et trop lucide pour prendre une décision irréversible si tôt. À l’époque, je ressentais le besoin de montrer à l’extérieur ce qui se passait à l’intérieur. Comme j’étais ado, je manifestais ça par des dessins au bic sur mes mains, les poignets etc. Je m’amusais.

Puis ça s’est transformé. J’ai grandi, j’ai arrêté de m’écrire dessus, évidemment. Mais cette idée d’adéquation physique et spirituelle n’est pas réellement partie. Je ne vois pas le tatouage comme une décoration, ou un accessoire de mode.

De nombreux évènements de ma vie m’ont forgée très tôt, et souvent j’aurais voulu ne connaître la dureté de l’existence qu’après, une fois construite et plus à-même d’y faire face. J’enviais mes camarades insouciants, « qui ne connaissaient rien de la réalité ». L’idée du tatouage est donc restée, car je voulais me prouver quelque chose, m’offrir ma manière personnelle de passer un rite d’initiation. Je voulais pouvoir me dire « voilà, j’ai vécu telle chose, j’en suis sortie, et ce tatouage est uniquement à moi », une sorte de récompense artistique qui reste, d’un moment où j’ai profondément changé.

Aujourd’hui à 19 ans, je ne suis pas tatouée, pour plusieurs raisons. Je refuse catégoriquement que quiconque se tatoue sans en être à 300% convaincu et sans arriver à expliquer avec raison le cheminement qui l’y a poussé. Pour l’instant, je ne suis pas 300% certaine, donc j’attends.

Une autre raison, mis à part la douleur, la peur de l’aiguille et le côté permanent évidemment, critères dont on a tous déjà fait le tour; c’est que je veux n’avoir aucun doute sur le dessin du tatouage, son sens précis, et l’endroit où il sera posé (visible ou pas, par moi et les autres, taille etc).

Je ne m’étendrai pas plus dans cet article, mais plus tard je vous parlerai des mes idées de dessin, des styles qui me plaisent, des messages qui m’appellent.

Et toi, que penses- du tatouage ?

Tu en as, tu es tenté(e) ou complètement indifférent(e) ?