Cinéma, Culture

Still Alice

 Bonjour les amours,

Je reviens aujourd’hui avec un film poignant. Autant vous dire que ce n’est pas pour les enfants. Still Alice est un film qui parle de maladie. La sale maladie. Celle qui vous fait oublier petit à petit qui vous êtes, vous rend inapte, vous fait régresser. Vous êtes là, puis ailleurs. Et vos proches ne savent pas où, mais la lumière dans vos yeux divague déjà dans les cieux.

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Julianne Moore est tout simplement magistrale. « Il n’y a pas de mots pour décrire le sublime », m’a dit un jour mon professeur de français M. André Santer. Et Dieu qu’il avait raison. Les critiques s’épuisent à envoyer des fleurs à Julianne. Elle les mérite et 1000 autres en plus. still alice affiche us

Mais n’oublions pas la surprise de ce film : Kristen Stewart. Je ne l’appréciais pas spécialement. J’aime son charme sauvage, son esthétique garçonne. J’aime moins ses réponses en interview, ses choix de contrats. Peu importe mes idées préconçues sur une actrice : aucun de nous ne connaît sa vie, c’est très difficile de véhiculer l’image que l’on veut renvoyer quand les médias nous flambent au chalumeau et racontent qu’on est fiancée à un vampire assassiné par Lord Voldemort. Kristen Stewart est sa propre personne, elle a tout à envier et elle nous prouve qu’elle a sa place à l’écran grâce à ce film. Elle y interprète la fille de Julianne Moore.

Son jeu est juste et brut. Le rôle est merveilleusement bien écrit, et tout ce qui ressort de sa relation avec sa mère est l’amour pur, inconditionnel, inconsolable et bienveillant.

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Enfin, n’oublions pas la performance d’Alec Baldwin. Comme tous les acteurs de sa génération, il en impose. Le mari qui soutient, qui protège, qui pleure en cachette. La muraille, c’est lui. Et le rôle lui va comme un gant.

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Je souhaite en profiter pour ouvrir le débat sur cette maladie qui nous touche tous de près ou de loin. Beaucoup d’entre nous ont des aïeuls atteints par une forme de cette maladie, ou des maux dont les symptômes sont similaires. De nombreux proches de patients se sentent désemparés face à la disparition de leur proche. Car c’est cela qui fait peur au final. La mort prématurée de l’être aimée. Le voir se faner, disparaître. Regarder l’autre et ne voir que son image. Alzheimer grignote petit à petit tout ce qui fait que l’on est soi. Même si aucun de nos proches n’est touché, même si tout va bien, cette peur s’étend à la vieillesse en général.

La tendance actuelle veut que l’on soit jeune, que l’on reste jeune, que l’on pense jeune. Il faut maintenir sa peau lisse, flexible (ou la rendre bétonnée grâce au Botox), hydratée, éclatante. Les dents doivent être pure white pearls (si on s’en tient aux représentations bombardées dans les médias). Le corps, on peut le contrôler. Alors tout humains effrayés que nous sommes, on essaie de préserver son corps et maintenir les apparences.

Mais l’esprit, que fait-on si ça s’en va ? Comment rattrape-t-on le fil de ses pensées s’il s’échappe comme du sable ? Qui est-on sans ses souvenirs ? Qui est-on si on voit un inconnu dans le miroir ? Autant de questions qui laissent sans voix et que l’on préfère occulter.  » On y pensera quand on sera vieux  » … oui. Mais pourquoi ne pas s’y préparer ? À la bouddhiste, chérir l’instant. Saisir l’immédiat. Absorber le réel et connaître l’extase de la contemplation. Personne ne sait de quoi demain sera fait, mais tout le monde sait qu’aujourd’hui est tout ce qui compte.

Avez-vous des témoignages à partager, des pensées pour alimenter le débat ? N’hésitez pas à rejoindre le dialogue dans les commentaires juste en-dessous…

Pour voir le film et aller plus loin…


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