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Saint-Pétersbourg dans l’art

Saint-Pétersbourg, en russe Санкт-Петербург, a été fondée en 1703 par Pierre le Grand, puis est devenue capitale de l’Empire Russe de 1712 à 1917. Surnommée « Venise du Nord », elle a changé plusieurs fois d’appellation: elle est rebaptisée Pétrograd (Петроград) de 1914 à 1924, puis Léningrad (Ленинград) de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d’origine à la suite d’un référendum en 1991. C’est actuellement la ville la plus européenne et moderne de Russie.

 Dans la littérature

Saint-Pétersbourg, siège du pouvoir et centre intellectuel de la Russie durant deux siècles, a attiré les plus grands écrivains russes et a été une source d’inspiration majeure. Le Cavalier d’airain de Pouchkine (1833) est la première œuvre mondialement connue qui prend pour thème Saint-Pétersbourg : « Oui, je t’aime, cité, création de Pierre, / J’aime le morne aspect de ta vaste rivière, / J’aime tes dômes d’or où l’oiseau fait son nid, / Et tes grilles d’airain et tes quais de granit, / Mais ce qu’avant tout j’aime, ô cité d’espérance, / C’est de tes blanches nuits la douce transparence »

Le poème raconte l’histoire d’un employé, qui ayant perdu la raison à la suite d’une inondation de la Néva dont a été victime sa fiancée, maudit le tsar qui a créé la ville dans ce lieu inapproprié. La statue de Pierre se réveille et poursuit l’imprécateur. L’atmosphère fantastique de Saint-Pétersbourg, son irréalité, la folie de ses habitants sont des thèmes repris régulièrement dans plusieurs œuvres : les derniers poèmes de Pouchkine, les Nouvelles de Pétersbourg de Gogol, les romans de Dostoïevski, les poèmes d’Alexandre Blok et de Ossip Mandelstam et le roman symboliste d’Andreï Biély. Gogol écrit en 1835 dans La Perspective Nevski : « Ici tout est mensonge, tout est rêve, tout est différent de ce qu’il paraît. »

Dostoïevski, qui a vécu une grande partie de sa vie d’adulte dans la ville, l’utilise comme toile de fond de plusieurs de ses œuvres : Les Nuits Blanches, Les Pauvres Gens, Le Double, L’Idiot et Crime et Châtiment. Contrairement à Pouchkine, le récit se déroule dans les quartiers populaires où vivent ouvriers et employés.

Dans la musique 

De nombreux compositeurs ont vécu et travaillé dans la ville : Mikhaïl Glinka, Modeste Moussorgski, Nikolaï Rimski-Korsakov, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Igor Stravinski et Dmitri Chostakovitch. La Symphonie n° 7 de Chostakovitch a une importance particulière pour la ville. Chostakovitch commence à l’écrire à Léningrad durant le siège de 1941 et la termine à Kouïbychev, où il a été évacué. La première représentation eu lieu à Kouïbychev en mars 1942, mais la symphonie fut également jouée à Leningrad le 9 août 1942, alors que le siège se poursuivait, malgré les risques pris par les spectateurs et les musiciens. La représentation fut retransmise en direct par la radio dans tout le pays. Cette symphonie devient à l’époque le symbole de la résistance et de la culture russe.

Dans la danse 

Saint-Pétersbourg est un des lieux les plus importants pour le développement du ballet en grande partie grâce aux danseurs et chorégraphes qui y ont vécu et exercé leur talent : Serge de Diaghilev, Marius Petipa, Vaslav Nijinski, Mathilde Kschessinska, Anna Pavlova. La ville possède sans doute la plus célèbre école de ballet du monde l’école de ballet Vagavona, dont la fondation remonte à 1738.

Dans le cinéma

L’histoire de la fille du dernier tsar, la grande duchesse Anastasia, a été portée à l’écran à de nombreuses reprises. Les versions les plus connues sont celle de 1956 avec Ingrid Bergman et la comédie musicale de Don Bluth (1977 américain), ancien chef dessinateur de Walt Disney. Cette comédie musicale qui porte autant sur l’histoire de la ville que sur son opulence esthétique, déforme tellement son sujet que l’on a du mal à reconnaître Saint-Pétersbourg. Les seuls films sur Saint-Pétersbourg ayant eu une audience internationale sont L’Arche russe qui retrace l’histoire de la ville et qui a été tourné en un seul plan séquence à l’Ermitage ainsi que le film La chute (qui retrace l’histoire des derniers jours d’Hitler) dont une partie fut tournée à Saint-Pétersbourg car certaines parties du centre-ville historique présentent de grandes ressemblances avec Berlin.

La ville n’est que rarement le cadre de fictions qui ne soient pas des adaptations d’œuvres littéraires. Les fictions utilisent Saint-Pétersbourg pour l’arrière-plan impressionnant qu’elle fournit. Le film de James Bond Goldeneye (1995) montre une ville quasiment post-apocalyptique. Un autre film d’action Minuit à St Petersbourg (Royaume-Uni, 1996) tente de compenser son absence de contenu par de magnifiques scènes tournées au milieu des principaux monuments de Saint-Péterbourg. Le film Onéguine (1999 avec entre autres Liv Tyler) dont le scénario s’inspire du poème Eugène Onéguine de Pouchkine, délaisse le déroulement de l’histoire au profit de vues sur les monuments de Saint-Pétersbourg. La Maison Russie, un thriller d’espionnage avec Sean Connery, Michelle Pfeiffer et Klaus Maria Brandauer donne de la ville une image romantique grâce à des prises de vue esthétisantes et une bande-son symphonique.

Ingrid Bergman incarne Anastasia Romanov

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  1. Le bilan du blog : merci à vous ! | E & the world

    13 janvier 2014 at 22 h 30 min

    […] Saint-Pétersbourg dans l’art 5 commentaires août 2012 […]

    1. estellegdaily

      31 mars 2013 at 17 h 53 min

      Merci beaucoup pour le lien sur votre article !

  2. Macaronette

    22 août 2012 at 17 h 58 min

    Tout d’abord merci de ton passage, qui me fait découvrir ton blog.
    je ne connais que Moscou, mais Saint Saint-Pétersbourg fait rêver.
    Bonne fin de semaine

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