Peut-on être nostalgique d’une époque que l’on n’a pas connue ? Peut-on manquer de personnes qui sont parties avant qu’on puisse les connaître ? Je pense que c’est possible. Je suis en tous cas un peu nostalgique des années 1970.

Je trouve notre époque tortueuse, barbare, agressive. Nous vivons dans un monde intoxiqué. Partout la violence nous pique les yeux, pas un jour ne passe sans incitation à la surconsommation, pas un jour ne passe sans un fait divers sordide…

Je ne dis pas qu’il y a 40 ans, la vie était idyllique. Mais à cette époque, quand on s’engageait, c’était parce qu’on avait de vraies convictions. On hurlait les seins à l’air contre la guerre du Vietnam, on faisait pousser des jardins dans ses cheveux pour montrer qu’on refusait le système en place.

hair film 3 - Nostalgie des Seventies

Les Seventies, c’est l’époque de grands musiciens : AC/DC, Deep Purple, The Bee Gees, Black Sabbath, Jimi Hendrix and The Jimi Hendrix Experience, Blondie, Boney M., Kansas, Styx, Eagles, The Doors, Dire Straits, Kiss, The Jackson Five, The Clash, Scorpions, Procol Harum, Rare Bird…

Mais les années Flower Power n’ont pas vu briller que des musiciens. Beaucoup de mes films cultes sont sortis dans cette décennie, parmi eux Cabaret de Bob Fosse, Le Parrain de Francis Ford Coppola, New York, New York de Martin Scorsese (mais aussi Mean Streets, Taxi Driver et tous ses autres bijoux)…

C’est aussi l’époque des comédies musicales comme par exemple Grease (qui lance la carrière de John Travolta) ou Hair de Milos Forman, dont j’ai choisi des images pour les photos de cet article.

En France, c’est l’apogée des Belmondo, Delon, Bardot et du vichy à Saint-Tropez. En Allemagne, Herzog fait jouer Klaus Kinski dans Aguirre ou la colère de Dieu. En Italie, Mastroïanni incarne un homosexuel qui lutte sous Mussolini (Une journée particulière, de Ettore Scola), pendant que Fellini et Visconti peignent la mort à leur manière.

Les jeunes s’engageaient, ils avaient un vrai avis. La peur était là, mais ils étaient courageux. Aujourd’hui, on cite leurs chansons sans les connaître. On parle de leurs drogues et de leur sexualité débridée sans les remettre dans leur contexte. Aujourd’hui, les jeunes sont perdus et deviennent des moutons. J’ai décidé de refuser cette inertie.