Actualité, Divers

Les voisins, leurs enfants, et des murs en carton.

Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours eu au moins une famille de voisins qui se crêpait le chignon régulièrement. Quand je dis crêper le chignon, j’entends vraiment se hurler dessus et limite lancer des trucs contre les murs. Je me souviens même d’un jeune couple qui avait tellement de problèmes (ou qui les cherchait, à ce niveau-là, on ne sait plus!) que mon père a été forcé de sortir pour vérifier que l’un ne battait pas l’autre. Oui, parce que ce n’est pas forcément toujours la femme qui est battue par son mari. Bon, certes, ça paraît le plus probable dans la plupart des situations, mais il arrive que les femmes soient de vraies harpies aussi ! Bref, tout ça pour dire que je me suis toujours demandé ce qui pousse les gens à sortir de leurs gonds et à agresser ceux qu’ils aiment le plus. Chez moi aussi, ça a pu crier, et encore aujourd’hui des fois, ça crie. Mais quand on entend les disputes de voisins, ce n’est pas la même chose. On peut entendre des mots qui paraissent tellement stupides, l’un est poussé à bout par l’autre pour une histoire de chaussette qui traîne, tu vois le niveau.

De la même façon, je suis ébahie devant la différence entre le « bonjour » souriant quand on les croise sur le pallier, et la gueulante qui commence dès la porte refermée. La vie malmène donc à ce point, qu’on a besoin de se retourner contre nos alliés ? La souffrance est-elle si difficile à gérer qu’il faut un jour ou l’autre considérer son conjoint comme son ennemi ? 

Mais il y a pire. Tu me diras, il y a toujours pire. La violence physique, concrète, et la violence verbale, insidieuse, sont des monstres qui s’éveillent entre gens qui s’aiment. Mais ces comportements peuvent prendre d’autres victimes : les enfants. Un enfant est innocent, donc par définition : il ne sait pas. Il ne connaît pas autant qu’un adulte, et doit apprendre. Il peut faire des bêtises, se tromper. Le parent a pour rôle d’aider, guider, et faire comprendre. Pour réussir à mener son enfant vers une voie positive, qui lui permette de se sentir bien dans cette existence, il faut lui parler. Pour moi, c’est le point le plus important de l’éducation : le dialogue. Un enfant comprend très bien, si on lui explique. Malheureusement, certains parents prennent tout ça bien trop à la lettre, et se disent « oh, une gifle ça lui remettra les idées en place« . Parfois, ils se disent aussi « si je le menace, il ne recommencera pas ». L’autorité par la peur ne mène pas au respect, sachez-le. Certains parents ont peut-être un autre problème: le geste part avant que la raison ait pu entrer en jeu. Pour eux, qui sont à mon sens probablement les plus dangereux, les conséquences sont imprévisibles. Ils se retrouvent parfois à emmener leur enfant de 5 ans et demi à l’hôpital, parce qu’il a « s’est pris les pieds dans le tapis et a heurté la table avec sa tête« . Comment admettre qu’on soit, en tant qu’adulte vivant en société, avec des relations et tout un environnement, responsable ? Comment réussir à assumer d’avoir « cassé son bébé » ? C’est simple, ils n’assument pas. Ils se rendent bien compte de ce qui se passe, ils savent qu’ils ont levé la main sur leur enfant, mais ils ont peur. Peut-être que certains sont honteux, et se sentent coupables. Mais la plus grosse barrière qui les pousse au mensonge, c’est la peur des conséquences. « On va m’enlever mon enfant« , « Je risque la prison« , sont les phrases qui reviennent en boucle. Alors ils mentent, et continuent le cercle de la peur, maintiennent les apparences. Ils créent un sentiment d’insécurité chez leur chère tête joufflue. L’enfant victime sombre souvent dans la dépression, le manque de confiance en soi, il n’arrive plus à s’aimer: comment s’aimer quand ceux censés te protéger sont les premiers bourreaux de ton insouciance ?

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  1. Clara

    29 août 2012 at 22 h 10 min

    Très bon article, c’est important de parler de ce genre de choses, bravo!

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