Cinéma, Culture

L’avant-première de Love & Friendship à Paris

Bonjour à tous !

Le Festival du film franco-américain est terminé depuis mardi à peine, et je rêve déjà du suivant. Je vous ai parlé de la masterclass de Nicole Garcia, je reviens aujourd’hui avec la découverte du dernier long-métrage de Whit Stillman, dont l’avant-première parisienne a eu lieu sur les Champs-Elysées au Cinéma Publicis, en présence des acteurs principaux.

Il y avait du beau monde et le tapis rouge était en effervescence au moins une demi-heure avant le début ou même avant l’arrivée des invités et juges. D’ailleurs, tout au long du Festival, les invités d’honneurs se sont succédés donnant des masterclasses, mais aussi présentant leurs films au public. De nombreux acteurs, producteurs, et membres de l’industrie cinématographiques ont également pu s’y rencontrer et échanger autour de tables rondes, notamment de l’avenir du cinéma indépendant américain.

Love & Friendship

Whit Stillman a choisi d’adapter une oeuvre de Jane Austen, Lady Susan. Volontairement, je n’ai rien lu sur l’oeuvre ni sur le film. J’avais vu l’affiche, je savais que je voulais voir le film, et j’y allais les yeux fermés pour être mieux surprise. Ne connaissant que peu l’oeuvre de la romancière britannique, je m’étais préparée à l’idée de sortir les mouchoirs et d’assister à un drame amoureux déchirant à la Pride and Prejudice.

Lady Susan est une oeuvre plutôt méconnue, ce qui laisse une plus grande marge de liberté quant à son adaptation à l’écran. En effet, plus on choisit une oeuvre « majeure » et plus le public s’attend à retrouver ce qu’il a lu. Je trouve qu’il y a aussi une fraîcheur et une nouveauté appréciables pour le public dans ce choix d’oeuvre : la découverte est un facteur clé dans l’émerveillement du premier regard d’un spectateur. 

Dès le début, je me suis pris une claque. Je n’avais pas idée que Jane Austen avait écrit une oeuvre comme celle-ci ! En bref, pour que vous situiez, Lady Susan Vernon est une veuve séductrice dont la condition financière se dégrade sérieusement, et sa première inquiétude est d’assurer un avenir à sa fille. Dans la société de l’époque, cela implique de lui trouver un mari riche (opéras ou littérature, le motif de la jeune fille à marier pour sauver sa famille a décidément voyagé). Pour compliquer un peu sa tâche, elle a une réputation sulfureuse et n’est donc pas nécessairement la bienvenue chez les riches de bonne famille à la morale rigoureuse.

Je ne veux pas trop vous en dévoiler car il faut que vous alliez voir ce film. Je dirai cependant que l’apport personnel de Whit au personnage de Sir James Martin interprété par Tom Bennett est une de ces libertés d’un réalisateur dont on veut toujours plus ! Cela donne également une approche très intéressante des adaptations cinématographiques d’oeuvres littéraires. Quand le film emmène l’oeuvre originale plus loin, il ne s’agit plus d’une simple mise à l’écran; on a affaire là au véritable geste créateur. C’est pour cette raison notamment que Love & Friendship est une oeuvre originale au sens qu’elle est sa propre oeuvre. Je vais sans doute me retrouver à acheter le livre par curiosité, mais je prends ce film tel quel et il est délicieux.

Quand on demande à Whit Stillman ce qu’il prévoir pour la suite, il répond, énigmatique : « Loose lips sink ships » (comprenez : à trop parler, on risque de faire couler le bateau). Il nous faudra donc attendre un peu pour savoir si le film aura d’autres chapitres…

 Ma sincérité de spectatrice me pousse à donner quelques points négatifs car je dois avouer ne pas avoir toujours ri au même moment que mes voisins de siège, ou aussi fort parfois, et par moments je riais plus fort quand mes voisins restaient silencieux.

J’explique cela par le fait que l’humour est un terrain glissant et périlleux, et que tout le monde n’a pas les mêmes déclencheurs. Je suis assez peu réceptive au comique de répétition, en général. Cela n’a pas manqué pendant quelques scènes où la salle s’esclaffait mais j’étais vaguement fâchée car je voulais dévorer l’histoire. En effet, je restais alors sur ma faim car l’humour était au tout premier plan.

D’autre part, j’ai savouré de très nombreux moments peut-être moins « drôles » ou évidemment efficaces. C’est dans ces scènes que le film m’a complètement séduite, et la finesse des interprétations du casting y est pour beaucoup.

Deux de mes trois coups de coeur étaient présents à Paris pour nous parler du film : Tom Bennett et Lochlann O’Mearain. Ne manquait que Stephen Fry, qui interprète Mr. Johnson. Ai-je encore besoin de vous le présenter ? Stephen Fry, 34 ans de carrière, à une époque le partenaire comique de Hugh Laurie (House MD) et pour ne citer que quelques énormes succès il a fait partie de V pour Vendetta, Le Hobbit, il est le chat dans Alice de l’autre côté du miroir… Mais si je l’aime tant, c’est aussi parce qu’il est féru d’opéra (il n’y a qu’à voir le nombre d’articles qui apparaissent quand on le cherche sur internet) et qu’il représente le type de personne qui m’inspire le plus au quotidien : les défenseurs de la Culture, des Arts et de l’éducation.

Comme je pense qu’il ne faut que peu de mots pour transmettre une idée juste, je conclurai mon article avec ceux que j’ai choisis pour décrire mon émotion face à Tom Bennett et Lochlann O’Mearain (qui, btw, est dans The Musketeers, Vikings et Outlander… trois séries auxquelles j’ai envie de me mettre juste pour continuer à découvrir son travail !).

<< Tom Bennett is wonderfully refreshing. It’s all in his eyes : one minute he is there, and the next he’s somewhere else, his mind happily wandering. It’s a thin line to walk on, and he really shines on this path. >>

 

Lochlann O’Mearáin doesn’t have any lines in this movie. No words ? Well, he doesn’t need them, so he’s fine ! There is such brilliance to it, I always enjoy an economy of means, especially when it serves the character so well.

 

sirjamesmartinandI

Allez, courrez-y vite, et bonne séance !

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1 Comment

  1. heyimManon

    12 septembre 2016 at 12 h 49 min

    J’ai enfin vu ce film ce week-end, en anglais ! Un peu difficile à suivre mais on s’y fait ! Quelle femme cette Lady Susan !

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