Cinéma, Culture

La Couleur au cinéma

La couleur apparaît en 1935. Mais, tout comme le son, elle n’est pas arrivée tout d’un coup. C’est le résultat d’une évolution qui part des origines du cinéma.

L’arrivée de la couleur n’a pas apporté de réalisme en plus, mais a été un tremplin pour l’imaginaire des réalisateurs. Le technicolor a injecté une dose d’imaginaire, qui était présente en peinture: c’est la même liberté qu’offre la couleur dans un tableau. Certains films (comme les films d’horreur, les films noirs) restent en noir et blanc. Les films en couleur sont les comédies, les westerns et les films d’aventures.

À voirLe Magicien d’Oz (1939): tout ce qui se passe au Kansas est en noir et blanc, et tout ce qui se passe dans le pays d’Oz est en couleur. La vie est là-bas plus belle et plus grande.

Premier procédé de couleur

Dès 1895, on peignait au pochoir sur la pellicule: ce procédé n’était pas valable économiquement et prenait énormément de temps.

Deuxième procédé de couleur

De 1915 à la fin des années 20, on utilise le teintage: en plongeant la pellicule dans une seule couleur, on teinte plan par plan ou séquence par séquence (tel plan ou tel séquence a une seule couleur). Par exemple, on teind en vert pour un plan de forêt, rouge pour les scènes de guerre, etc. Bien sûr, comme tout en cinéma, ces sortes de codes de couleur étaient facilement cassés.

Troisième procédé de couleur

Le technicolor a deux bases de couleur: c’est le technicolor bi-chromique (de la fin des années 20 au vrai technicolor). L’image, lorsqu’elle est traitée avec ce technicolor bi-chromique présente une dominance orangeâtre, ou verdâtre.

À voirMystery of the Wax Museum (Le Masque de Cire, 1933), réalisé par Curtiz. Le film a été longtemps perdu, puis des copies en noir et blanc et finalement des copies d’origine ont été retrouvées dans les années 90 (2 bobines colorisées).

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Ce procédé était néanmoins très cher, les films n’étaient donc pas entièrement en bi-chromique. Ainsi, dans des moments comme la résurrection dans Le Roi des Rois ou le passage de la mer Rouge dans les 10 Commandements: la couleur est utilisée comme un symbole.

Dans Aviator, Scorsese joue avec les couleurs pour montrer cette évolution des couleurs.

Quatrième procédé de couleur

Le technicolor (tri chromique) apparaît en 1935. Le technicolor est inventé par Herbert Kalmus, dont la femme Nathalie est devenue l’agent: elle s’impose comme conseillère de technicolor dans tous les films faits avec cette technique. C’était une présence économique obligatoire plutôt qu’une présence artistique.

Le technicolor: ce qui le caractérise et ce qui fait que c’est le procédé le plus satisfaisant est qu’il présente une densité, une richesse, une saturation de la couleur, qui font que c’est l’expérience la plus satisfaisante possible.

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Walt Disney fut l’un des pionniers de la couleur en Cinéma. Le premier long-métrage en couleur sort en 1935: Becky Sharp, réalisé par Mamoulian, pour une compagnie indépendante. Les indépendants furent les premiers à se plonger dans la couleur, les Studios étant assez frileux à cette époque. Ce film raconte l’ascension d’une jeune fille dans la société britannique pendant les Guerres Napoléoniennes (début du XIXème), et rien ne l’arrête, que ce soit les mensonges, le sexe, etc: elle est sympathique mais complètement immorale. Ce film est tiré d’un roman de William Thackeray (qui a aussi écrit Barry Lindon), Vanity Fair. Dans Becky Sharp, Mamoulian traite la couleur d’une façon particulière, symbolique: il utilise le bleu pour l’innocence, le vert pour la réussite, le jaune pour la conquête, le noir pour l’homme qui lui résiste.

La scène de bal est marquée par le rouge des tuniques des soldats, qui amène au rouge du lampion: c’est une scénographie de la couleur.

Il faut quand même attendre la fin des années 50 pour que tout le cinéma soit en couleur: certains n’aimaient pas trop la couleur (Ford fit son premier film en 1939, mais le suivant en 1949, Hitchcock en 1948, Wyler en 1956), tandis que d’autres adoraient (DeMille utilisa la couleur dès qu’il en eut l’occasion). Une fois que Dysney et Selznick  ont investi dans la couleur et ont montré que ça marche, les Studios suivent: la Warner se lance dans la couleur en 1938, avec deux films, dont Les Aventures de Robin des Bois, réalisé par Curtiz, la MGM en 1939, avec Le Magicien d’Oz, la Paramount en 1940 avec Les Tuniques Ecarlates (DeMille).

Blanche-Neige et les 7 Nains (1937, 1er film d’animation en couleurs) et Les Aventures de Robin des Bois (1938) font que la couleur devient importante.

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Mais c’est avec David O. Selznick que la couleur, avec Autant en Emporte le Vent, va avoir ses lettres de noblesse et devenir incontournable.

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  1. hollygoli

    13 mai 2013 at 21 h 52 min

    Et bien je vais me coucher moins bête ce soir dis donc ! Ceci dit, Autant en emporte le vent est un de mes films préférés. Bisous

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