Art & Littérature, Culture

Le Jeu de l’Amour et du Hasard, au Théâtre Michel

Bonjour chers lecteurs,

J’ai récemment redécouvert une de mes pièces préférées de Marivaux. En effet, au Théâtre Michel se joue Le Jeu de l’Amour et du Hasard, petit bijou de littérature française, entre quiproquos et badinage coquet.

Synopsis

Silvia a toutes les raisons du monde d’être inquiète : son père, Monsieur Orgon, lui propose le mariage avec un parfait inconnu. Elle décide alors d’endosser le costume de sa suivante Lisette, afin de percer à jour le caractère de ce soi disant « bon parti ». Sous les regards amusés de Monsieur Orgon et de son fils Mario, les quatre amoureux se débattent derrière leurs masques afin d’être aimés pour ce qu’ils sont en dépit des convenances sociales. S’en suivront quiproquos et rebondissements sur un rythme endiablé jusqu’au triomphe de l’amour.

Le spectacle

Dans une mise en scène moderne de Salomé Villiers (qui interprète aussi le personnage de Silvia), avec quelques ellipses sous forme de vidéos bucoliques projetées sur un écran mobile en fond de scène, la pièce est douce, drôle, spontanée et le rythme reste dynamique.

L’utilisation de l’espace est maîtrisé, les décors peu nombreux mais immédiatement identifiables et mis à profit.

L’action prend place chez des bourgeois, dont les enfants sont promis l’un à l’autre car leurs pères jouent les entremetteurs… mais ils ont heureusement le luxe de pouvoir refuser. Méfiants et désireux de connaître l’autre sans être reconnu, le subterfuge qu’ils organisent avec leurs servants respectifs se retourne très vite contre eux.

En effet, les servants jouent aux grands seigneurs et s’entichent l’un de l’autre, les bourgeois portent le tablier et ils tombent amoureux… chacun pense commettre l’irréparable erreur d’aimer hors de sa classe sociale, ce qui donne lieu à de nombreux tourments.

Le père et le frère de Silvia connaissent les vraies identités de tous les protagonistes, et s’amusent ostensiblement de tous ces malentendus.

Dans le rôle d’un adorable papa-gâteau, Philippe Perrussel excelle. Il a beaucoup de charisme et son duo avec Bertrand Mounier fonctionne très bien. Ils sont comme deux larrons en foire, et j’ai particulièrement aimé les choix d’interprétation du jeune comédien qui interprète Mario, le frère de Silvia; il est l’archétype du frère déconneur, qui picole aux repas de famille et manque de peu de mettre les pieds dans le plat. Les deux comédiens contrebalancent justement les doux échanges des duos amoureux.

Raphaëlle Lemann incarne Lisette et est tout à fait délicieuse dans ce rôle. J’y ai retrouvé des airs de Joanne Frogatt de Downton Abbey. Elle dégage une candeur et une joie sincères et contagieuses.

MONSIEUR ORGON : Eh bien, que vous importe ? S’il vous aime tant, qu’il vous épouse !
LISETTE : Quoi ! vous ne l’en empêcheriez pas ?
MONSIEUR ORGON : Non, foi d’homme d’honneur, si tu le mènes jusque-là.
LISETTE : Monsieur, prenez-y garde. Jusqu’ici je n’ai pas aidé à mes appas, je les ai laissés faire tout seuls, j’ai ménagé sa tête ; si je m’en mêle, je la renverse ; il n’y aura plus de remède.
MONSIEUR ORGON : Renverse, ravage, brûle, enfin épouse ; je te le permets, si tu le peux.
(Acte II, scène 1)

J’ai beaucoup aimé les petits interludes vidéos tournés dans une propriété avec un grand jardin un peu fouillis, entre bronzette au soleil et barbecues familiaux sur la terrasse. Ce média donne une dimension supplémentaire à la scène et est mis en oeuvre à bon escient.

Seul petit bémol lors de cette représentation, on entend (et on sent) les vibrations du métro qui passe apparemment sous le théâtre, et les sièges du balcon où j’étais ne sont vraiment pas confortables : obligée d’être assise de côté, mes genoux cognaient sur le dossier du siège devant moi, et les longs cheveux blonds de la spectatrice assise dessus n’arrêtaient pas de venir me chatouiller au gré de ses mouvements de tête. Pensez donc à choisir un siège dans la fosse si vous le pouvez, il me semble qu’ils avaient l’air plus agréables.

Pour titiller votre curiosité, voici quelques extraits du spectacle…

Pour réserver vos billets, rendez-vous à cette adresse, et dépêchez-vous, ils jouent jusqu’au 6 mai !

Théâtre Michel

38, rue des Mathurins
75008 Paris

 

à très vite pour toujours plus de culture et d’émotions…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Tu es passé par ici ?