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I am a work in progress

Ce monde vit sous pression. Pression de la performance, pression de la réussite, pression de l’intégration, pression des objectifs… Il faut tout réussir, tout maîtriser, tout contrôler. [« Tout était devenu notre Dieu, notre Éternel« ] Quand on est jeune, on doit être beau, fringuant, dynamique, sociable, « s’éclater », #YOLO et autres incitations au jeunisme. On ne doit pas être ringard, ni trop participer en classe (« celle-là elle passe sa journée la main levée, quelle fayotte hein! » non non, y’en a juste qui aiment apprendre…), avoir des goûts qui se fondent plus ou moins dans la tendance, et surtout bien se conformer. Une fois le bac en poche si possible, on entre dans un monde d’incertitude et de désoeuvrement qui en laisse beaucoup sur le carreau. C’est le temps des études, et de l’individualité. Souvent, c’est à l’université qu’on laisse sa personnalité s’exprimer un peu plus, on se teint les cheveux en vert, on se fait des amis pour la vie, on sort le soir, on quitte le cocon familial, on part en voyage, on fait des stages, on se prend pour un grand. Et on grandit.

Oui, mais qu’est-ce qui se passe quand on ne respecte pas ce schéma ? 

Comment ça marche quand on a du mal à grandir, justement ? Quand on ne sait pas trop ni ce qu’on veut, ni d’où on vient, ni où on va. Parfois c’est simplement nous, parfois c’est la vie qui fait que. Pour ma part, j’ai toujours eu un parcours sans défaut, et j’ai compris que c’était en partie ça qui m’avait fait du tort. Tout a tellement été facile, j’ai toujours été si sûre, certaine. Je n’ai jamais été sûre et certaine du nom du métier que je voulais, mais j’ai toujours su vers quoi je tendais. Tout devait aller comme sur des roulettes. Je devais entrer à la fac, réussir brillamment sans trop d’effort (ce qui se passait d’ailleurs quand j’y allais – mais je ne m’étalerai pas sur ce « quand j’y allais »), tout enchaîner dans la foulée, ne jamais redoubler, finir mes études à 22 ans et avoir encore facilement 4 ans pour rajouter des compétences à mon arc et entrer dans la vie active vers 26 avec un bagage de folie.

Et puis, en fait, ce schéma j’en suis sortie. À un certain point dans ma vie, j’ai renoncé, je n’avais plus envie. J’ai appuyé sur pause. J’ai perdu le courage, je ne comprenais plus le but du jeu. Je trouvais même que le jeu était faussé.

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Mais on a pas le droit de faire ça. Non pas qu’on ait pas le droit de le faire à cause des autres (bien que les parents qui sont derrière en sont généralement dégoûtés), mais plutôt… on ne devrait pas se faire ça à soi. Jeter l’éponge, fermer les yeux, passer son temps et s’oublier un peu.

Je vous le dis : tout est tellement plus facile dans l’élan. Se poser trop de questions, ce n’est pas toujours bon. Si on vivait dans un monde plus tolérant et compréhensif, un peu moins dans l’urgence, ce serait sans doute acceptable. Mais aujourd’hui, on est vite rangé dans des cases. On perd toute crédibilité auprès de ses pairs, mais surtout aux yeux du système : tu n’as pas pu rentrer dans le moule une fois, deux fois, pourquoi tu pourrais plusieurs années après, maintenant que tu comprends ? Non, si tu as raté, tu es échec. On ne te croit plus, on ne te fait plus confiance.

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Fais-moi voir ton dossier et justifie tes activités années par années. C’est quoi ce trou ? Ah non, désolés, on prend pas les gens qui ont une vie gruyère. / Tu as passé combien de temps en première année ? Ah non, désolés, comme on ne reçoit plus de subvention de l’état pour te former, bah on te forme pas.

Même des gens qui te connaissent, qui savent que tu as de la valeur, se détournent de toi. T’en veulent même. C’est là toute la tragédie de cette histoire. Tu as déjà ta propre culpabilité, tu voudrais voir une main tendue vers toi, un sourire encourageant, et certains te laissent seul devant une porte fermée. Tu as déçu.

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Pour ma part, j’ai compris beaucoup de choses en sortant des sentiers battus. J’ai notamment compris que crier à l’aide ne fonctionne parfois juste pas. C’est assez dur à réaliser, mais chacun s’arrête à son petit confort. J’ai déjà admis mes difficultés à certains, montré par mes actes que je perdais complètement pied, craqué en face à face, demandé de l’aide de vive voix. Je n’ai pas ressenti de réelle bienveillance de la part de ces personnes. D’ailleurs, ils ne m’ont pas aidée à sortir du trou et voir la lumière.

La lumière, je l’imagine moi-même. Je ne la vois pas forcément, mais je sais qu’elle doit être là, quelque part. In the big picture. Alors même si je ne reçois pas tant de confiance des autres, même si je ne me fais pas tant confiance non plus. Je fais le voeu d’avoir tort. Et je fais confiance à ma lumière imaginaire, en attendant qu’elle se libère.

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1 Comment

  1. chapeau louchio

    29 juin 2015 at 13 h 51 min

    Belle réflexion ! tout passe ! vit le moment présent! rien n’a vraiment d’importance ! vie apprécie chaque jour le soleil qui se lève! la pluie le vent, la lumière seule cela est vrai le reste et sans importance! fais comme tu peux ce sera déjà bien ! tu as, je pense beaucoup de qualité ! tu es jolie, jeune, intelligente, alors sourit :-)

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