Culture, Musique

Grands motets de Charpentier : l’Ensemble Correspondances à Versailles ☆

Le 28 mars dernier, dans la Chapelle Royale du Château de Versailles, l’Ensemble Correspondances a donné un concert autour de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), grand compositeur français de l’époque baroque. Désireux de proposer un camaïeu d’oeuvres du compositeur, Sébastien Daucé et son ensemble ont ainsi interprété sa Messe, le Miserere des Jésuites, les Motets des Trépassés et les célèbres – et sublimes – Leçons des Ténèbres.

Répertoire de prédilection de l’Ensemble, il leur permet le plus grand raffinement d’interprétation tant pour les instrumentistes que pour les chanteurs.

Pendant deux heures, entracte inclus, le chef a conduit avec précision et subtilité ses musiciens, en les accompagnant au clavecin ou à l’orgue selon les oeuvres. Sa gestique est fluide, incisive et rappelle une danse gracieuse.

Ayant une inclination toute particulière vers le répertoire baroque et notamment le baroque français (Campra en haut du podium, suivi de Charpentier et Rameau ♡), j’ai été charmée par ce concert.

L’image qui me vient pour vous le décrire : un moment suspendu dans le temps, entre clair et obscur, recueillement et espérance. 

Chaque ensemble a sa personnalité, sa cohérence, ses traits caractéristiques. Il en est de même pour ses membres. Chez Correspondances, chaque musicien est mis en valeur et est immédiatement reconnaissable. Les timbres sont purs, connectés dans le corps, et atteignent l’auditeur directement au coeur, et ce sans briser l’harmonie du groupe. Au contraire, chaque voix se superpose avec grâce et cohérence; l’équilibre délicat est réussi et très savoureux.

Comme souvent dans le spectacle vivant, il est des artistes qui nous touchent un peu plus que les autres. J’ai ainsi été particulièrement sensible à la voix de Caroline Weynants, dessus namuroise; mais aussi à celle de Violaine Le Chenadec (qui a entre autres chanté avec l’ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon, l’ensemble Mélismes de Gildas Pungier ou encore Le Concert Spirituel d’Hervé Niquet). La basse Nicolas Brooymans est également impressionnante, sa voix puissante et profonde aux harmoniques chaudes apporte une dimension très intéressante à l’ensemble – fait notable, il est aussi titulaire du Choeur de l’Armée française depuis 2012. Étienne Bazola est mon autre coup de coeur masculin, tant sur le plan musical que de la présence scénique. On le sent heureux d’être là, dans son élément, il a un charisme incontestable et pour ceux qui étaient dans le public, vous vous souviendrez qu’il nous a fait rire au retour de l’entracte… nous rappelant à tous qu’avant d’être artistes, musiciens et rigoureux, nous sommes tous humains et parfois distraits.

Étant amoureuse de la viole de gambe, j’ai prêté attention au jeu de Lucie Boulanger et l’ai trouvé fin et juste (la violiste a également une carrière de doubleuse et a été la voix de Dora l’exploratrice, qui l’eut cru !). Diego Salamanca, au théorbe, a gardé un sourire radieux du début à la fin du concert. Le musicien originaire de Bogota maîtrise son instrument et communique sa joie avec une grande aisance.

Le concert m’a également donné l’occasion de découvrir l’extérieur du Château de Versailles à la tombée du jour, sans un seul touriste, et de nuit quand le portail est sublimé par les jeux de lumières. J’ai pu prendre quelques photos que je vous montrerai dans un prochain article, et qui, j’espère, vous permettront de partager un peu avec moi ces moments d’exception.

Sur ces belles mélodies, je vous souhaite à tous une douce soirée…

et vous dis à très vite pour toujours plus de culture et d’émotion…

 

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