Culture, Musique

Casse-Noisettes, le ballet de Noël par excellence

Bonjour chers lecteurs,

 

J’espère que vous avez passé de bons moments en famille et entre amis, que vous vous êtes régalés au dîner du 24, que sous le sapin tout un tas de surprises dont vous rêviez vous attendaient.

En ce lundi matin post-festin, on va faire durer un peu la magie avec le Casse-Noisette de la Royal Opera House. Le 8 décembre dernier, il était en effet diffusé en direct dans les cinémas d’Europe, et comme d’habitude, j’y étais pour tout vous raconter.

Au cinéma Publicis des Champs-Élysées, avant chaque retransmission d’un ballet anglais, Ghislain de Compreignac nous livre des anecdotes de danseur, des informations sur le contexte de création de l’oeuvre et ses interprètes marquants de l’Histoire du ballet. Cette année, la scène de danse chinoise a ainsi été retravaillée, et la chorégraphie – une nouveauté – a été très applaudie du public, à en croire les réactions que j’ai lues sur Twitter.

Bien que Casse-Noisette soit un ballet culte, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire…

La genèse

Ballet en deux actes divisés en trois tableaux et quinze scènes, il a été présenté pour la première fois le 18 décembre 1892 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, chorégraphié par Lev Ivanov, l’assistant de l’illustre Marius Petipa. C’est un ballet-féérie,  c’est-à-dire que le merveilleux y tient une place primordiale. A l’origine, un conte d’E.T.A. Hoffmann (dont je vous ai parlé ici) : Nußknacker und Mäusekönig, ou « Casse-Noisette et le Roi des souris », dans sa version remaniée par Alexandre Dumas.

La musique de Tchaïkovski a été composée entre février 1891 et mars 1892, et reste à ce jour une des partitions de ballet les plus connues et appréciées par le grand public.

L’argument

Premier tableau

Le soir de Noël, Clara, son petit frère Fritz et leurs parents décorent l’arbre de Noël et accueillent leurs invités pour le dîner. Parmi eux, le mystérieux oncle Drosselmeyer, amateur de magie, de capes en velours qui ondulent et fabricant de jouets en bois. Il apporte avec lui des cadeaux pour tous les enfants, fait apparaître des poupées et des soldats à taille humaine qui dansent, émerveillant toute l’assemblée.

Drosselmeyer offre alors à Clara un casse-noisette en forme de soldat, dans son costume d’apparat. Elle est ravie, et joue à taquiner son frère, jaloux d’un tel présent. Bien campé dans son rôle de cadet agaçant, il casse le jouet. Heureusement, Drosselmeyer le répare et Clara en prend alors d’autant plus soin : elle le berce, l’entoure d’un foulard et le range bien au chaud dans le lit de sa maison de poupée. La fête se conclut sur l’air traditionnel de la Danse du grand-père, à laquelle tous les convives participent.

Elizabeth Harrod and Fernando Montaño in The Nutcracker, The Royal Ballet © ROH/Tristram Kenton, 2013

 

Puis tout le monde rentre chez soi, et la famille va se coucher. Clara s’éclipse discrètement pour retrouver son casse-noisette dans le salon. L’horloge sonne alors les douze coups de minuit, elle entend les souris gratter, et tente de fuir mais les souris l’en empêchent. Soudain, par magie, elle rétrécit ! Au niveau du décor, c’est en fait l’arbre de Noël qui devient immense : la scène est à plusieurs niveaux, et elle descend pour nous donner l’illusion d’entrer dans l’univers des jouets.

Le casse-noisette prend vie, et avec les autres petits soldats, vient défendre Clara contre le Roi des souris et son armée. Au fort de la bataille, Clara jette sa chaussure sur le Roi des souris et Casse-noisette en profite pour le tuer avec son épée. Les souris se retirent, emmenant avec elles leur roi mort. C’est alors que le casse-noisette se transforme en prince. En effet, dans le conte d’Hoffmann, le neveu de Drosselmeyer a été transformé en casse-noisette par le Roi des souris. C’est pour cette raison que l’oncle énigmatique orchestre les évènements suivants : il espère briser le mauvais sort en confiant Casse-Noisette à Clara. Par chance, il a raison !

Second tableau

Le merveilleux est au centre de l’oeuvre, et les scènes suivantes vous redoubler de virtuosité et de magie. Le but est clairement d’éblouir Clara et son Prince (et nous avec). Nos deux héros traversent une forêt de sapins enneigés, et assistent au ballet des flocons de neige.

Troisième tableau

Les héros arrivent ensuite au Royaume des Délices, chez la Fée Dragée et le Prince Orgeat, où se succèdent Danse espagnole (le chocolat),  arabe (le café), chinoise (le thé), russe, la Danse des mirlitons, celle de la Mère Gigogne et des polichinelles, puis la célèbre Valse des fleurs, le Pas de deux exceptionnel de la Fée Dragée et du Prince Orgeat, et la valse finale.

Clara reçoit un collier de la Fée Dragée et Hans-Peter une décoration en récompense de leur victoire contre l’armée des souris. Après ces éblouissantes démonstrations, Clara se réveille au pied de l’arbre de Noël Au terme de ce rêve merveilleux, Clara se réveille sous l’arbre de Noël avec Casse-noisette.

La représentation du 8 décembre

Francesca Hayward incarne Clara, et comme The Guardian l’expliquait déjà si justement en 2014 (cliquez sur son nom pour lire l’article), on sait qu’on a en face de soi une étoile là pour durer.

Née en 1992 (et c’est là que je me dis – parfois avec une pointe de désespoir : « à ton âge certaines vivent déjà leur rêve, et ont une carrière fulgurante, il va falloir sérieusement se bouger! »), Francesca est entrée à 11 ans dans l’école du ballet royal, et a intégré la compagnie à 18 ans.

Depuis, elle connaît une ascension impressionnante : promue First Artist en 2013, Soloist en 2014, First Soloist en 2015 et Principal en 2016, elle est lauréate entre autres du prix Young British Dancer of the Year (2010). Son répertoire est déjà très fourni, avec sans conteste certains des plus beaux rôles écrits pour une étoile : elle est Manon dans l’oeuvre éponyme de Kenneth MacMillan (je vous ai parlé de sa création d’Anastasia), Alice dans Alice aux Pays des Merveilles, la Princesse Florine dans La Belle au Bois Dormant, a créé des rôles dans Untouchable, Woolf Works, et Multiverse.

En plus d’être jeune et belle, Francesca est toute menue (ce qui va très bien à Clara), et exprime une palette d’émotions très large.

Francesca Hayward est subtile, élégante et a un charisme vibrant.

Casse-Noisette est interprété par Alexander Campbell. Je l’avais adoré dans Frankenstein. Promu Principal pour la saison 2016/2017, le danseur continue de surprendre. La précision de ses mouvements est irréprochable, il semble voler pendant ses grands jetés, et maîtrise l’art du mime avec un humour délicieux.

Alexander Campbell a une énergie contagieuse, c’est un artiste puissant et explosif.

Romeo & Juliet- rehearsal Alexander Campbell (as Mercutio) ©2012 Elliott Franks

Impossible de ne pas mentionner les excellents Federico Bonelli (vu dans Frankenstein) et Lauren Cuthbertson en Prince Orgeat et Fée Dragée. Lignes sublimes, virtuosité (on ne compte même plus le nombre de pirouettes enchaînées), complicité lors du pas de deux… ils forment un très beau duo.

Mention spéciale à Yuhui Choe 

La danseuse coréenne m’a subjuguée en Fée des Roses, dans la Valse des Fleurs.

Ravissante, tout en sourire, elle semble respirer la joie. C’est un joyau de la compagnie, et bien que First Soloist cette saison, elle a l’étoffe nécessaire à sa promotion. Je ne serais pas surprise qu’elle passe Principal la saison prochaine. J’ai donc hâte de la retrouver en Princesse Aurore dans la Belle au Bois Dormant.

Enfin, pour couronner la fête, le chorégraphe Sir Peter Wright soufflait cette année ses 90 bougies ! Plein d’humour, il se livre ici à Darcey Bussell.

En sortant du cinéma, tout semblait avoir été prévu : Cartier avait transformé sa boutique en cadeau géant, et j’ai pu me prendre pour Clara un peu plus longtemps que prévu…

Pour télécharger la partition intégrale de Tchaïkovski, rendez-vous ici.

Pour obtenir le programme numérique du spectacle et tous les bonus, rendez-vous ici et entrez le code promo FREENUT.

Pour savoir quelles oeuvres de la saison 2016/2017 de la Royal Opera House seront retransmises au cinéma, cliquez ici.

Le prochain évènement dont je vous parlerai sur le blog a lieu le 31 janvier 2017 : l’opéra Il Trovatore de Giuseppe Verdi.

Réservez vite vos billets !

 

& à bientôt, pour toujours plus de Culture et d’émotion…

Rendez-vous sur Hellocoton !

1 Comment

  1. Woolf Works, le triptyque de Wayne McGregor | Estelle G. daily

    2 mars 2017 at 13 h 23 min

    […] retrouve aussi Francesca Hayward dans le rôle de Sally, l’amie de Clarissa. Elle est toujours aussi délicieuse, et […]

Tu es passé par ici ?