Culture, Divers

Bouddha et moi

Aujourd’hui je vais prendre le temps de rédiger cet article un peu spécial. Il est spécial parce que touche à des sujets que je ne pensais pas aborder ici, car je ne vois pas mon blog comme un espace où je raconte ma vie, ni où je me dévoile trop. Pourtant, à mesure que j’avance avec ce petit projet, j’ai de plus en plus envie de vous parler de ce qui me tient vraiment à coeur. D’ailleurs, j’ai intitulé mon blog « E & the world » parce que je voulais y partager mon regard sur le monde, mes interactions avec ce qui m’entoure, ce que j’aime et ce qui m’ennuie. Ce n’est pas « mon petit monde à moi », ou « Estelle se fait belle » (ça aurait pas pu, de toute façon ^^), j’ai plutôt envie de vous montrer le monde par le filtre de ma personnalité et de ce qu’il m’évoque, si on veut.

Je ne sais pas si vous me suivez, mais de toute façon ne vous inquiétez pas, je vais entrer dans le vif du sujet. Je suis née athée, comme tous les bébés d’ailleurs. On naît vierge de toute opinion, de tout préjugé, de tout avis et de toute croyance. Alors Dieu, vous pensez bien que ça ne représente rien du tout pour un nourrisson. Et puis, à mesure qu’on grandit, on pose des questions à nos parents : on va où quand on meurt ? On était où avant d’être né ? Pourquoi les gens sont méchants entre eux ? Noël ça veut dire quoi ? Je ne sais pas lesquelles j’ai posées, je ne m’en souviens pas. Mais je pense que l’aspiration à quelque chose qui nous dépasse croit sans doute à mesure qu’on grandit, et qu’on ne trouve pas de réponses à des questions qui nous préoccupent. Et puis bien sûr, les parents sont là pour combler les trous et tenter d’apaiser leurs enfants. Souvent, ils veulent les éduquer selon une certaine morale, des moeurs et coutumes qu’ils ont eux-mêmes appris et qu’ils ont jugés bénéfiques.

En ce qui me concerne, ma mère est catholique, mais pas mon père. Alors je n’ai pas été un de ces bébés qu’on emmène à l’église à peine arrivé sur Terre pour le faire baptiser. Ma mère ne voulait pas imposer son envie sans respecter les croyances de mon père, et surtout, ils voulaient que je puisse comprendre ce qui se passait. Quelques années ont passé, et vers mes 6 ans (ou 5?), j’ai finalement été baptisée en petit comité, avec ma famille proche, parce que ma mère tenait à remercier « le Ciel » pour ma venue au monde. Je comprends son geste et j’apprécie qu’elle ait attendu. Au moins, j’en ai quelques souvenirs précieux et c’est un des premiers moments que j’aie vécu avec ma grand-mère.

Mais par la suite, j’allais dire… on ne m’a pas endoctrinée. Alors ça peut vous paraître dur d’utiliser ces termes, mais en tous cas on ne m’a pas forcée la main. On ne m’a pas inscrite au catéchisme, ou emmenée à la messe chaque semaine. On m’a laissée vivre mon insouciance, répondu comme on pouvait à mes questions, et j’ai été libre de choisir.

Lors de certains décès qui m’ont touchée très jeune (vers 8 ans), je me suis parfois tournée vers ce fameux ciel. Je me mettais à la fenêtre et je parlais aux êtres chers qui me manquaient, un peu comme des prières. Mais c’était pour moi, pas pour Dieu. Je n’ai jamais demandé quoi que ce soit à une force invisible ou récité des mots appris par coeur sans en comprendre le sens.

Puis j’ai tout simplement cessé d’y penser. Je ne croyais pas en Dieu, et pour autant je ne niais pas que l’existence d’une puissance supérieure soit possible. Cela ne m’intéressait simplement pas, j’avais d’autres choses en tête.

Finalement, c’est vers 16 ans qu’un véritable besoin de spiritualité m’a frappée. Je savais que les institutions religieuses ne m’appelaient pas, et que l’idée d’un vieux barbu qui tient le livre de toutes les vies entre ses mains, nous observe d’en haut et juge nos actes était pour moi totalement absurde. C’est alors qu’un peu par hasard, je ne me souviens d’ailleurs pas comment, je suis tombée sur Bouddha. Ou plutôt, Bouddha m’est tombé dessus.

J’ai tout de suite compris que j’avais trouvé ce qui me convenait, ce qui me semblait cohérent et surtout, j’aimais le fait qu’il n’y ait pas de contraintes. Car Bouddha n’est qu’un homme comme les autres, qui, après de longs jours d’ascèse, a atteint l’Éveil. Ce n’est qu’un homme qui a voulu partager son expérience avec d’autres et les a laissés libres. Il leur a dit de « douter de tout, même de ce qu’il leur disait ». Il a dit qu’on pouvait choisir de suivre ce qui nous parlait, et de laisser ce qu’on ne comprenait pas ou ce qu’on trouvait faux.

Il n’a pas créé d’empire sur sa sagesse, ne s’est pas baladé en robe tressée d’or. Et il n’a pas appuyé ses idées sur des mythes ou des personnages inaccessibles à notre raison.

Il a simplement proposé des moyens d’atteindre le bonheur, des règles de vie qui peuvent mener à la paix intérieure et à un monde meilleur.

Buddha-Own-Light

Parmi ses règles, ses conseils, je vais vous confier celles que j’essaie sincèrement d’appliquer autant que je peux (même si parfois je flanche, comme tout le monde).

1. Être gentil.

Vous allez sans doute trouver ça évident, mais la gentillesse est rare. Appliquer cette règle au jour le jour, peu importe le contexte, m’a fait énormément de bien et m’aide dans de nombreuses situations. En étant gentil le plus souvent possible, et surtout face à un conflit ou une personne agressive, on éloigne de beaucoup les émotions négatives qui minent le moral. Vous seriez étonné de la réaction des gens quand on est gentil avec eux ! Je me souviens tout particulièrement d’un jour où une « bonne femme » était très désagréable et méchante, et commençait à me faire déprimer : je lui ai répondu très calmement avec un grand sourire, et lui ai souhaité une bonne journée. La colère était partie, remplacée par la compassion. J’étais attristée pour elle parce qu’elle était sans doute malheureuse pour agir de cette façon. Et puis je me suis sentie bien, en accord avec moi-même et fière d’avoir été la plus gentille des deux.

Car oui, être gentil ce n’est pas forcément pour les autres : c’est d’abord pour soi. En étant gentil, on s’aime plus.

2. Ne pas nuire aux autres êtres vivants, et ne pas retirer la vie.

Bien entendu, on ne peut malheureusement pas sauver les fourmis invisibles sous nos pieds. On ne peut pas tout contrôler ni s’attaquer tout seul aux géants agroalimentaires non plus. Mais autant que faire se peut, on doit éviter de faire du mal à ce qui vit. Il faut respecter la vie. C’est une règle qui me tient vraiment à coeur : je ne peux pas supporter de voir la mort, ou de me dire que ce n’est pas grave de voir un pigeon écrasé sur la chaussée. Je suis contre la corrida, contre la maltraitances des animaux, contre la fourrure animale, contre le massacre des requins pour leurs ailerons, contre le fait d’exterminer les nuisibles, contre la chasse pour le sport, et contre la pêche barbare… Je ne suis pas encore végétarienne, je le reconnais. Mais j’y pense, je me renseigne, et j’ai déjà beaucoup hésité à sauter le pas. Ce qui est sûr, c’est que j’aimerais pouvoir choisir de ne manger que de la viande d’animaux qui ont bien vécu, alors j’essaie de choisir toujours des poulets élevés en plein air, par exemple. C’est peu, mais pour l’instant, c’est à mon échelle.

3. Ne pas prendre ce qui n’est pas donné.

Pour celle-là, j’avoue ne pas avoir eu trop de problèmes. Je n’y ai pas encore trouvé d’influence spirituelle profonde sur ma vie, mais on ne cesse jamais d’apprendre, donc on verra bien !

4. Ne pas mener une vie sexuelle dissolue.

Bon, comme on dit, cela ne vous regarde pas, mais je suis avec mon homme depuis presque quatre ans et tout va bien, gentiment. :)

5. Ne pas user de paroles mensongères, inutiles ou blessantes.

Celle-ci peut demander beaucoup d’efforts sur soi. Pour ce qui est du mensonge, je n’ai pas trop de mal, et je trouve que c’est très important parce que quand on est honnête avec les autres, on est surtout honnête avec soi et les mensonges font peser un poids sur la conscience. Pour les paroles blessantes, ça rejoint le fait d’être gentil et ça peut être du boulot parfois… mais quand je compare la souffrance que je ressens après avoir été blessante, à l’effort que ça me demande de me retenir, le calcul est vite fait !

La route vers le bonheur est longue et sinueuse, et mes quelques petites règles ne suffisent pas toujours. Quand la vie est vraiment dure, elles sont d’autant plus difficiles à suivre d’ailleurs… mais je pense qu’avec de la pratique elles ont un réel effet sur ma façon de voir la vie, et elles m’aident à me sentir en harmonie avec moi-même et le monde autour de moi.

Et puis qui sait, rien ne m’interdit d’en rajouter au fil des années !

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J’aimerais beaucoup que vous me parliez de vous, de vos croyances ou de votre athéisme, de votre façon de voir la vie. Cet article sera peut-être le premier d’une petite série, c’est en réflexion de mon côté.

Sur ce, passez une bonne journée, en harmonie.

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  1. Prendre soin de soi (partie 2) | Estelle G. Daily

    31 mai 2015 at 13 h 18 min

    […] intime et j’essaye à mon échelle de l’appliquer. Si ces idées vous intéressent, j’avais publié un article ici rassemblant 5 règles de vie quotidiennes qui me font du […]

  2. Klarys

    2 décembre 2014 at 9 h 37 min

    Très bon article ! Après avoir lu ces quelques lignes, je crois que je suis une « bouddhiste de cœur » ^^ ! Je pratique le yoga depuis plusieurs années et, même s’il n’a rien à voir avec la religion, il reprend les mêmes bases que le bouddhisme… et il amène aussi progressivement à voir la nature et le monde sous un autre jour… bref, tout ça est lié et cette perception de la vie me correspond bien plus :) Mais il faut du temps pour s’en rendre compte…

    A bientôt

    1. estellegdaily

      3 décembre 2014 at 12 h 30 min

      Merci beaucoup pour ta réaction ! En effet, bouddhisme et yoga sont liés. C’est toute la culture orientale qui gagne à être découverte par nous autres occidentaux ; ils ont un regard tout à fait différent sur l’existence et le monde, c’est très enrichissant de s’y intéresser :)

  3. healthylily1

    27 avril 2014 at 21 h 47 min

    J’ai trouvé ton article très intéressant. Pour ma part, je doute de mes croyances depuis pas mal d’années. J’ai été baptisé, je fais mes communions, je fête noël… mais de là à dire que je suis une ‘vraie’ catholique ou que je crois en Dieu, non. D’ailleurs, j’ai toujours eu beaucoup de mal à croire au Saint Esprit.
    Je n’ai pas non plus une grande connaissance des autres religions, mais ton article m’a donné envie de m’intéresser un peu plus sur Bouddha.

    Merci pour cet article !

    1. estellegdaily

      1 mai 2014 at 20 h 23 min

      Avec plaisir :) Je suis ravie de pouvoir apporter un peu de ce qui me fait du bien à d’autres, et c’est sûr que la vision bouddhiste ne peut que t’intéresser, ne serait-ce que par son lien avec la méditation et par association, le yoga !

  4. Clo Nona

    26 avril 2014 at 14 h 09 min

    Très joli article! j’ai le même début de parcours que toi, je me suis posée beaucoup de questions sur le sujet, alors j’ai commencé à me dire Dieu existe t’-il ? pourquoi pas ?, personne ne sais, mais plus ma vie, à défiler et moins j’ai cru. j’ai juste comme toi essayé d’être le plus possible à l’écoute de l’autre et d ne jamais être indifférente à la misère de l’autre, comme toi je respecte toutes vies sur la terre, je suis devenue végétarienne avec le temps, pour ne plus participer à cette cruauté envers les animaux, Voilà ! tu vois nous avons plein de choses en commun !

    1. estellegdaily

      1 mai 2014 at 20 h 21 min

      Tout à fait, plein de points communs :) L’important dans tout ça, ce sont les valeurs positives qui font du bien à la fois à soi et au monde qui nous entoure ;)

  5. Arnaud

    26 avril 2014 at 12 h 05 min

    ton article m a beaucoup touché car je suis croyant pratiquant et j ai failli être prêtre à l âge de 16 ans comme si j avais senti un appel mais un ami religieux m’a dit que la meilleur manière de rendre hommage à « dieu » c’est de cultiver le talent qu’il m ‘a confié en l’occurrence la musique que je pratique depuis l âge de 7 ans ( percussionniste classique pendant 3 ans et batteur jusque’à ce jour) Toi qui es chanteuse je t’offre cette reflexion  » La voix est le reflet de l’âme »

    1. estellegdaily

      1 mai 2014 at 20 h 20 min

      Parcours atypique ! Bonne continuation dans les percussions :)

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